Samedi 8 novembre 2008 — Dernier ajout vendredi 16 mars 2012

AU CAR DE TOURS Enregistrer au format PDF

« Fil vert » c’est pas cher, c’est pratique. A découvrir sans modération …..

le car -  voir en grand cette image
le car

C’est pas cher et cela peut rapporter … Utiliser les services du car, joliment appelé « fil vert » pour « monter » sur Tours, paraît être un défi. Pourtant, relever celui-ci est loin d’être un exploit. De plus en plus de ligoliens le font, les usagers de Preuilly sont en progression constante. Subventionné par le conseil général, vous paierez selon que vous êtes jeune ou moins jeune, grand voyageur ou occasionnel de 75 centimes à 1.50 euro par voyage, quelque soit la distance parcourue, avec en bonus, une correspondance aller et retour sur le réseau « fil bleu ». Le département nous gâte, quand on sait qu’un ticket unitaire pris sur « fil bleu » coûte plus d’un euro pour faire quelques kilomètres alors que le carburant coûte … de plus en plus cher. Nous sommes mieux servis que les citadins, une fois n’est pas coutume ! Contrairement à ce qu’il est coutumier de dire, quand l’on perd du temps, vous allez avec « fil vert » gagner de l’argent … en perdant ce temps :

 en premier lieu sur votre coût de transport et en vous permettant éventuellement d’échapper à l’objectif des gendarmes de vous filmer discrètement et de vous arrêter dans votre trop bel élan,

 en second lieu en vous évitant d’avoir à rechercher un stationnement pour votre véhicule en plein centre de Tours.

Les obstacles sont négligeables … Vous devez d’abord assimiler le parcours du combattant nécessaire pour comprendre les horaires et la programmation des départs. Celle-ci parfois désarmante est un jeu de piste entre les périodes de vacances scolaires et les jours de la semaine. A vous de vous rompre aux contraintes des horaires et des surprises offertes par un itinéraire empruntant des routes étroites et sinueuses proches du circuit touristique, pensum pour les chauffeurs. Vous devrez accepter de vous entasser les jours de pointe, conséquence du succès, mais apprécierez de pouvoir rapidement retrouver vos aises. Vous devrez compter pas loin d’une heure de plus qu’en voiture pour vous rendre à Tours, mais en fin de course vous serez séduits par les avantages non négligeables de vous mettre au Vert avec « Fil vert ».

C’est civique le co-voiturage, les modes de transport respectueux de l’environnement sont des concepts qui ont le vent en poupe. Le transport collectif en car est probablement une réponse pour les zones rurales que le conseil général a eu la bonne idée de promouvoir. Pour que cela dure, n’hésitez pas à en user, voire à en abuser … C’est un acte civique, c’est participer à la lutte contre la pollution, à la réduction des émissions de co2 et contre l’appauvrissement des réserves en énergies fossiles. Que demander de plus !

Un voyage pas comme les autres. Vous découvrirez mieux et différemment la région, le car vous permettant de dominer la situation en vous évitant d’avoir l’attention retenue par la conduite de votre véhicule. Voyager en car vous permet de préparer votre planning du jour, de jeter un dernier coup d’œil sur vos cours si vous êtes lycéens ou étudiants, de parcourir votre quotidien préféré, d’achever votre nuit si vous avez dû vous lever à l’aube, de faire salon et de refaire le monde si vous avez le bonheur de retrouver un voisin, un ami que vous n’avez pas l’occasion de voir souvent, de poursuivre la lecture du roman passionnant que vous avez dû arrêter trop rapidement, d’admirer le beau coucher de soleil illuminant les vallées de notre beau sud Touraine, de vous plonger dans l’écoute de votre baladeur qui vous permet d’entendre le dernier tube, la radio de votre choix au grand dame des autres, oreilles et esprit obstrués. Lire et relire inlassablement le dernier SMS reçu et s’empresser de lui répondre et bien d’autres choses encore.

Vous aurez l’occasion d’être solidaires des soucis des chauffeurs du car, chahutés par les changements de concessionnaire de la ligne, de partager leurs horaires démentiels de 6 heures à 20 heures. A l’occasion, vous vous associerez à leur énervement de voir des automobilistes doubler dangereusement ce car qu’il est humiliant de suivre. Ce serait incomplet si l’on ne parlait pas des habitués, inconditionnels de ce mode de transport, historiens des évènements plus ou moins plaisants, que l’on se doit d’écouter en boucle, propriétaires de leur place comme l’étaient jadis les notables dans nos églises. Incomplet aussi si l’on ne parlait pas de l’occasionnel perturbé d’avoir dû abandonner son véhicule, du prolixe qui tout au long du parcours vous fait participer à ses malheurs ou à ses joies par portable interposé. Pendant ce temps, vous, de rager de ne pas pouvoir vous concentrer dans votre lecture ou de vous enfoncer dans un doux repos. Mais tous ces gens dont vous ferez rapidement partie finissent par se connaître, par sympathiser, par faire partie de la même famille, la famille du car.

Pour terminer ce voyage, si vous avez l’occasion de prendre par la suite « Fil bleu » c’est un autre monde que vous découvrez. Plus coloré, plus jeune mais plus triste aussi. C’est le métro parisien transplanté à Tours. Chacun plonge dans ses peines, ses pensées, le regard fixe, ennuyé de se rendre là où il ne voudrait plus aller, anxieux de perdre un précieux quart d’heure en transport. S’il savait le bougre le nombre de car … d’heure que l’on vient de perdre avec le sourire.