Vendredi 20 novembre 2009 — Dernier ajout dimanche 26 avril 2015

visite de Preuilly sur Claise Enregistrer au format PDF

par Yves de la MOTTE

sources de la première présentation du site de la commune de Preuilly sur claise.

Présentation

Preuilly-sur-Claise est de ces petites cités de province, ciselées de la main capricieuse de l’histoire, tantôt légère et glorieuse, tantôt pesante ou trop calme. Ainsi, après avoir tutoyé la grande histoire se retrouvent-elles oubliées d’elle. Mais combien de merveilleux jalons nous sont-ils donnés à découvrir et à contempler. Voici donc une petite visite de cette ville "fracassée d’histoire", selon la belle expression du poète Maurice Fombeure.

Monographie des villes et villages de France, Loches, Beaulieu et alentour Situation géographique

Située aux confins de la Touraine, du Berry et du Poitou, la ville de Preuilly domine fièrement la vallée de la Claise depuis le côteau où elle est campée. La ville s’étage entre la Claise et le bord du plateau calcaire qui s’étend presque jusqu’à Loches. Point stratégique de par sa situation, Preuilly est depuis toujours un lieu d’habitation ou au moins de passage des hommes : en témoignent les importants vestiges paléolithiques récemment étudiés dans la moyenne vallée de la Claise (Preuilly, Bossay) ainsi que les célèbres ateliers de taille du néolithique, présents notamment au Grand-Pressigny et dans la basse vallée de la Claise.

Chronologie de Preuilly

Généalogie des barons de Preuilly lien vers pdf :

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Au fil des rues

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plan

L’Abbaye St Pierre de Preuilly-sur-Claise

L’abbaye St Pierre de Preuilly-sur-Claise, et en particulier son abbatiale, est sans conteste le monument majeur de notre petite ville.

Edifice roman du 11e siècle, elle a été considérablement restaurée et remaniée au 19e siècle, avec l’adjonction de la flèche recouverte en tuiles vernissées, dans un goût pour le moins contestable.

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Néanmoins, elle demeure un édifice majeur de l’art roman, à la fois par l’originalité du développement de son architecture et par la qualité et la richesse de sa sculpture.

En 1846, Charles Audigé et Constant Moisand, dans leur ouvrage intitulé Histoire de la ville et du canton de Preuilly, affirmaient : "L’église de Preuilly est l’un des plus beaux monuments de la Touraine et l’un des plus remarquables du 11e siècle".

Aujourd’hui église paroissiale, l’abbatiale invite par son calme et sa beauté simple le promeneur à quelques instants de contemplation et de méditation

Historique de l’abbaye : la fondation

En 1001, lorsque la fameuse prédiction sur la fin du monde qui devait arriver en l’an 1000, rendit par sa fausseté reconnue un peu de tranquilité aux esprits, Geoffroy, seigneur de Preuilly et de la Roche-Pozay, fonda dans cette petite ville une abbaye de bénédictins, quoiqu’elle possédât déjà cinq paroisses. Pour doter cette abbaye, Geoffroy, fort pieux, mais fort pauvre, éprouva d’énormes difficultés. eglise_chevet C’est en vain qu’il eut recours à des confrères du canonicat de St Martin de Tours et aux titulaires des cinq paroisses de Preuilly, nul ne venit venir à son aide. On lui répondit généralement que le peuple était épuisé ; qu’avoir recours aux quêtes et prédications étaient démarches et paroles perdues ; et d’un autre côté il ne pouvait songer à tirer violemment dans une telle pensée les subsides que l’usage d’alors autorisait de la part du seigneur. Effroy fut inhumé dans l’église, et l’on grava sur son tombeau cette épitaphe en vers rimés et léonins, suivant l’usage et le goût du temps où elle fut composée :

Dans cette perplexité, Geoffroy, qui s’était lié par des promesses, partit pour Rome, ce qui le fit surnommer le Roméen dans son pays. Il alla se jeter aux pieds du Saint Père, et, en pleurant, lui demanda de relever de son vœu ou de lui donner les moyens d’exécuter sa fondation pieuse. Malgré sa renommée de grande piété et le long voyage qu’il avait entrepris, il fut accueilli médiocrement, et il se voyait sur le point de revenir en Touraine plus malheureux qu’avant son départ, lorsqu’il lui vint en pensée de proposer au Saint Père une redevance annuelle de 100 florin, si par son moyen, il réussissait à fonder son abbaye de Bénédictins. Cette fois sa proposition fut écoutée.

Muni d’indulgences et de lettres pressantes, Geoffroy revint en France (il fut trois ans à effectuer le retour), et à force de démarches et de sacrifices, parvint à fonder son couvent. Il le dota d’un revenu d’environ 2500 livres, plus les 100 florins payés chaque année à la cour de Rome. En commémoration de ce grand événement et du succès de ses démarches, il ajouta au château de Preuilly une chapelle particulière sous la dédicace de Saint Benoît, chapelle dont les ruines se voyaient encore en 1850.

Ce n’est qu’en 1012 que la construction du monastère fut approuvée par le Roi Robert (le pieux). A la prière de Béatrix, mère de Geoffroy, Archambauld de Sully, archevêque de Tours, consacre cet établissement qui est mis sous l’invocation de St Pierre. Le trésorier Hervé de Buzançais est chargé d’y mettre des religieux. Amblard, du monastère de Malé, en devient premier prieur. Toute la famille du fondateur, Robert-le-Riche et Rosselin de Preuilly assistèrent à la dédicace.

Visite de l’abbaye : l’abbatiale plan_eglise De par son plan cruciforme et son développement (voir_le_plan_de_l’abbatiale), l’église de Preuilly procède du plan dit bénédictin. La nef centrale à cinq travées est bordée de collatéraux. Ceux-ci se prolongent au niveau du chœur par un déambulatoire. Dans sa disposition d’avant les restaurations du 19e siècle, il ouvrait sur trois absidioles rayonnantes dont seule l’absidiole centrale subsiste. Les croisillons du transept comportent des chapelles à absidiole.

L’examen de ce plan fait apparaître de nombreuses irrégularités :

  • la construction de la nef ne suit pas le même axe que celle du chœur
  • l’alignement des piliers de la nef souffre de nombreux désordres
  • le carré du transept s’apparente à un trapèze
  • la collatéral sud est beaucoup plus large que le nord

Ces asymétries de plan ont depuis longtemps fait l’objet de spéculations. Certains tels le romancier Huysmans (voir_l’extrait_de_"la_Cathédrale") et l’abbé Picardat y ont vu une représentation symbolique et mystique du corps du Christ contorsionné sur la Croix. D’autres considèrent plus prosaïquement que les données topographiques du site ont largement conditionné les irrégularités architecturales de l’église. En effet celle-ci a été édifiée sur le versant escarpé de la rive droite de la Claise et, afin de limiter les terrassements et assurer une meilleure stabilité à l’édifice, ses bâtisseurs suivirent l’orientation longitudinale des courbes de niveau.

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Visite de l’abbaye : les bâtiments conventuels

Entre la Claise et la belle église romane, l’abbaye de Preuilly groupe un ensemble important de bâtiments qui, pour la plupart, ont subsisté et dont certains présentent un réel intérêt.

C’est d’abord l’admirable salle capitulaire dont les quatre travées voûtées sur croisées d’ogives retombent et prennent appui au centre sur une colonne monolithe. Beaucoup plus vaste autrefois, ses ouvertures ont été regrettablement remaniées. Elles formaient jadis une série d’arcatures en plein cintre sur des colonnes jumelles aux chapiteaux remarquablement sculptés qui avaient été murés et enfouis dans les maçonneries. Quatre d’entre elles ont été découvertes il y a une quarantaine d’années et ont bien été remises en valeur depuis. Le mur oriental porte une belle Cucifixion en haut-relief, malheureusement mutilée.

Dans le mur opposé aux arcades se trouve une petite porte surmontée d’une clef qui porte la curieuse inscription : "J. Liot a 87 ans 1809"

Au sud du préau du cloître, l’une des maisons canoniales qui passe pour avoir été la demeure de l’abbé, élève sa façade parallèlement à la rivière toute proche. La corniche à la base du toit est interrompue par des lucarnes à gâble aigu et petite ouverture rectangulaire qui ont été refaites au début du 20e siècle.

Mais la partie la plus intéressante du logis est certainement la belle tour polygonale qui renferme, au nord, un escalier dont les sept premières marches seulement sont en pierre et les autres en bois. Il est couvert d’une superbe voûte octogonale dont les nervures retombant en « tête de palmier » sur le noyau central lui confèrent un intérêt particulier. Les pieds droits de la porte sont ornés de fines moulures qui se prolongent sur le linteau par une double accolade et un cordon sculpté. A l’entrée, on remarque un cul-de-lampe figurant une tête d’homme encadrée par les épaules bouffantes de ses deux bras dont les mains se rejoignent. Un peu plus haut, au-dessus d’une porte, a été représenté un petit personnage, les bras en croix, vêtu d’une longue robe sur laquelle retombe un large scapulaire d’étoffe. L’embrasure de l’une des fenêtres éclairant la cage est munie d’une banquette. Un petit escalier à vis logé dans une tourelle en encorbellement donne accès à la salle occupant le sommet et couverte d’un toit pyramidal.

Le rez-de-chaussée de la demeure possède une cheminée du 17e siècle dont le trumeau est aujourd’hui occupé par une peinture moderne datée de 1912 et représentant une chasse à courre. Des photographies gardent le souvenir de deux autres cheminées monumentales du 15e siècle maintenant disparues. Elles existaient encore lorsque, en application de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, la maison fut vendue. Mais l’acquéreur fut obligé de s’en dessaisir presque immédiatement, son épouse ne voulant à aucun prix voir des biens d’Eglise dans son patrimoine. Le nouvel acheteur vendit alors les deux cheminées dont la valeur, dit-on, couvrit la presque totalité du prix d’achat de l’immeuble.

Quant aux cheminées, elles furent démontées et transportées dans le Nouveau Monde où sont allés les rejoindre, en 1930, deux groupes de chapiteaux remarquables provenant de l’église St Mélaine et visibles aujourd’hui au musée de Cleveland (USA).

Le Musée de la Poterne

L’archéologie et l’histoire du canton et de l’ancienne baronnie de Preuilly-sur-Claise

Depuis sa création en 1966, la société archéologique de Preuilly-sur-Claise s’était dotée d’un petit musée, le musée de la Poterne,don de Madame Paul Cartier. Avec l’aide de quelques membres, mais surtout de MM. Greslot et Lezeau, ce qui n’était au départ qu’un petit logis à la limite de la salubrité, présentait un reflet de notre histoire locale, des anciens métiers et de la vie des siècles passés, dans d’astucieuses vitrines réalisées avec de faibles moyens. Actuellement, les membres du bureau en activité sont : M. Bertrand Walter, président, M. Raoul Gichané, vice-président, M. Marc Dimanche, trésorier, M. Gérard Outters, trésorier adjoint, M. Fabrice Doucet, secrétaire et Mme Gilberte Blaszczyk, secrétaire adjointe.

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Chaque année environ, la Société Archéologique de Preuilly publie une revue intitulée "les Cahiers de la Poterne", qui présente, en une cinquantaine de pages, des travaux concernant l’histoire de Preuilly et de ses habitants, ainsi que l’architecture de ses maisons et monuments.

L’équipe fondatrice se composait de : M. Roger Lezeau, président, M. Jean Greslot, Melle Paule Richon, M. Guy de La Mothe, M. Bernard de La Motte, M. Jean-Bernard Geffard, M. André Chapu, M. Pierre Férandou et le Docteur Jean Bonodeau.

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Célébrités

Louis-Auguste le Tonnelier de Breteuil, baron de Breteuil, baron de Preuilly. Né à Azay-le-Ferron en 1730, il fit son entrée dans le monde sous les auspices de son oncle, l’abbé de Breteuil, ancien agent du clergé de France et chancelier du duc d’Orléans, qui obtint pour lui le grade de guidon de gendarmerie. Son caractère vif et entreprenant, la vivacité de son esprit, la facilité de ses conceptions, la justesse de son jugement et son extrême activité, firent remarquer de bonne heure le jeune Breteuil par Louis XV, qui en 1758 l’envoya à Cologne en qualité de ministre plénipotentiaire près l’électeur, et l’initia à sa correspondance particulière dont le comte de Broglie était l’âme. En 1760, il passa en Russie, lors des événements qui élevèrent si rapidement Catherine II sur le trône d’où elle précipita Pierre III son mari ; il était absent de son poste, ayant profité d’un congé qu’il avait précédemment obtenu. Lorsque Catherine fut affermie, il y revint et gagna ses bonnes grâces. Ambassadeur en Suède en 1769, il assista à la célèbre diète de cette anné et ne fut pas étranger à la révolution qu’elle vit éclater. En 1780, il était à Vienne, où il fut bientôt remplacé par le Cardinal de Rohan : ce fut la première cause de la haine que se portèrent ces deux hommes, et dont le baron de Breteuil donna une preuve par sa conduite pleine de partialité lors de l’affaire du collier. Envoyé à Naples, puis de nouveau à Vienne, il assista au congrès de Teschen (1778) qui appaisa l’Europe prête à prendre les armes pour la succession de l’électeur palatin de Bavière, Charles-Théodore, mort sans postérité.
blason_breteuil En 1783, le baron de Breteuil fut appelé au ministère de la maison du Roi et de Paris. Sous son administration, le sort des prisonniers d’Etat fut amélioré, et on commença à user à leur égard de quelque humanité. Cependant, il se montra toujours partisan du pouvoir absolu, et ne recula jamais devant les mesures les plus arbitraires. On raconte que, voulant prévenir les remontrances qu’on craignait de la part des parlements au sujet de l’enregistrement des édits bursaux de Calonne, le baron de Breteuil, le baron de Breteuil envoya dans la province du Languedoc, à M. de Périgord, commandant en chef, et à MM. de Rochefort, de Cambis et de Montcheme, commandants en second, 1800 lettres de cachet en blanc. On n’eut pas l’occasion de son servir. francois-auguste_de_breteuil
La mésintelligence s’étant mise entre Calonne et Breteuil, le dernier donna sa démission en 1788, mais continua de jouir de laconfiance de Louis XVI. Il s’opposa de tout son pouvoir à la convocation des Etats-Généraux, proposée par l’archevêque de Sens, principal ministre. Lors des insurrections de 1789, il offrit à la cour des conseils qui furent acceptés. Enfin, Necker d’étant retiré, le baron de Breteuil fut mis à la tête d’un nouveau ministère, hostile à l’opinion publique, et qui, dans sa courte existence, vit tomber les remparts de la Bastille devant le peuple de Paris révolté (14 juillet 1789). Forcé de céder au vœu de la nation, il donna sa démission et émigra à Soleure. Là il reçut les pouvoirs du roi pour traîter avec les puissances étrangères, proposer en son nom toutes les mesures qui pourraient tendre à rétablir l’autorité royale et la tranquillité intérieure. Bertrand de Molleville l’accuse, dans ses mémoires, l’accuse d’avoir abusé de ces pouvoirs en en faisant usage après leur révocation.

En 1792, il se retira complètement des affaires et se retira à Hambourg. Il ne rentra dans sa patrie qu’en 1802, dans un état voisin de la misère, dont il ne fut tiré que par l’héritage d’une cousine ; il mourut en 1807, ne laissant qu’une fille. Outre l’amélioration dans le système des prisons d’Etat, on lui doit la démolition des maisons situées sur les ponts et le quai de Gèvres, et la conservation des bas-reliefs de Jean Goujon, qui décorent la fontaine du marché des innocents, à Paris. Il protéga les arts et les gens de lettres.

De son mariage avec Mademoiselle Parat de Montgeron le 24 janvier 1752, il n’eut qu’une fille, Marie-Elisabeth Emilie, mariée au comte de Matignon, d’où descendent l’actuel souvrain de la principauté de Monaco.

extrait de "Preuilly et ses environs", par Audigé et Moisand

Le pouët :

Edifié sur le coteau qui domine la vallée de la Claise, au nord de la petite ville, le Pouët ne saurait passer inaperçu. Son haut toit de tuiles plates se voit de loin, dominant l’horizon et intriguant le voyageur. Un chemin rural, qui contourne le parc de Fontbaudry, y conduit sans peine. On arrive bientôt devant l’entrée principale édifiée probablement au 17e siècle, constituée d’un grand portail en arc surbaissé, flanqué à sa droite d’une porte piétonne. Le Pouet
Le logis principal, flanqué à l’ouest d’une tour rectangulaire, présente sur une cour intérieure sa façade au soleil levant. Les deux fenêtres de l’étage, qui ont gardé intactes leurs croisées de meneaux, éclairent deux pièces pavées de carreaux de terre cuite où subsistent, dans l’une d’elles, les jambages d’une cheminée disparue. Au rez-de-chaussée, la porte d’entrée, percée au centre, est surmontée d’une moulure ornée d’un blason effacé. Elle donne accès à un couloir pavé conduisant à un escalier à vis de pierre, logé dans la tour de l’ouest. La grande salle est chauffée par une belle cheminée du 15e siècle à grande hotte reposant sur deux consoles. Une tour cylindrique, massive, arasée obliquement, flanque la maison à l’angle nord-est, et rend l’ensemble plus imposant. L’ensemble des bâtiments, ainsi que les communs, ont bénéficié d’importants travaux de restauration depuis une quinzaine d’année qui ont sauvé le Pouët d’un lent mais certain délabrement. Le Pouet en hiver Le Pouët est un ancien fief relevant de la baronnie de Preuilly et qui appartenait à la paroisse St Michel du Bois. La famille de Périon en était propriétaire au 15e et au 16e siècle, d’où le nom de Grange-Périon ou de Grange-Périon-lès-Preuilly qu’on lui donnait alors. La carte de Cassini porte le vocable "le Poëte". Le 22 août 1743, le marquis de Galiffet, baron de Preuilly, achetait le Pouët à Jacques Mayaud de Boislambert.

Mayaud de Boislambert fut le dernier lieutenant du roi pour les villes et château de Loches et Beaulieu, et connut bien des ennuis sous la terreur. Il mourut à Loches le 17 mai 1811 à 6 heures du soir, veuf de Marguerite Charlotte de Baraudin, de cinq ans son aînée, cousine germaine de Didier François de Baraudin, grand-père maternel d’Alfred de Vigny.

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Fontbaudry

A quelques centaines de mètres à vol d’oiseau du château du Lion, un beau logis du 19e siècle se dissimule derrière un rideau de wellingtonias qui lui sont contemporains. Une fontaine, à la base du coteau, lui a donné son nom : Fons Balderici, devenu Fontbaudry.

Une niche voûtée en pierres de taille, probablement du 17e siècle, abrite la source creusée dans le calcaire. Elle alimente d’abord un bassin rectangulaire, puis une pièce d’eau qui s’écoule vers le riusseau de Milonneau. La grille de fer qui, suivant J. M. Rougé, la protégeait contre les empoisonneurs, n’existe plus depuis longtemps. fontbaudry Sur la motte naturelle qui la domine, position stratégique facile à défendre, un manoir s’édifie dès le Moyen-Age, comme le prouve une pièce de Louis le Débonnaire retrouvée dans les fondations. Des défenses le mettant à l’abri d’un coup de main subsistent un profond fossé qui l’isole du plateau, et, encore récemment, une tour cylindrique de faible diamètre, à base tronconique, enrobée de lierre et coiffée en poivrière. Transformée sommairement en colombier, elle n’en a pas moins gardé ses meurtrières pour armes à feu, largement ébrasées vers l’intérieur, qui percent les murs épais de 80 cm. Cette tour s’est malheureusement subitement effondrée au début des années 80.

Un dessin de 1830 représente l’ancien Fontbaudry, dont la façade occidentale regardait, dans le lointain, les maisons de Preuilly. Elle dominait un beau jardin, devenu un pré, qui garde en son centre un bassin circulaire. On y accédait par un escalier en fer à cheval, partant d’une terrasse munie d’une grille en fer forgé que l’on peut voire encore. Une description de 1700, aux archives d’Azay-le-Ferron, le décrit ainsi : « corps de logis, bâti en croupe, avec chambres hautes et basses, écuries à chevaux, consistant ladite seigneurie et fief en un clos fermé de murailles ». De ce château, il ne reste plus que les belles caves voûtées à deux niveaux, et une aile des communs du 17e siècle avec trois larges ouvertures en anse de panier. fontbaudry_2 Entre 1840 et 1845, on procéda à une reconstruction complète. Sur les anciennes fondations, un architecte du terroir nommé Créchet, de Châtillon-sur-Indre, rebâtit une maison de plan quadrangulaire, en belles pierres de taille extraites de la carrière de « la Picardie » toute proche. La façade méridionale présente, au centre, un avant-corps en légère saillie, orné de quatre pilastres cannelés à deux chapiteaux corinthiens et d’un fronton triangulaire. Des cornes d’abondance renversées garnissent le tympan. Sous les corniches, supportées par des modillons, court une frise de rinceaux de feuillage. Les ouvertures, rigoureusement symétriques, sont en plein cintre dans l’avant corps, rectangulaires ailleurs. Le tout forme un « amalgame du style du 18e siècle et de celui de l’Empire, moins classique que le premier, mais plus aimable que le second », assez caractéristique pour qu’un arrêté du 3 mai 1963 ait inscrit cette façade à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Des éléments de décoration identiques, probablement du même auteur, se retrouvent sur un grand nombre de maisons de Preuilly et dans les environs.

Il serait facile de reconstituer l’histoire de Fontbaudry, dont tous les seigneurs nous sont connus depuis 1320, où vivait Henri Ancelon. Sa descendance, qui en resta possesseur jusqu’au début du 18e siècle, se divisa en plusieurs branches et s’allia aux principales maisons de Touraine et du Poitou. Un Georges Ancelon fut abbé de Preuilly en 1495, Louis Ancelon, abbé de Cormery en 1596. Honorat, seigneur de Fontbaudry, fils de Charles et de Marie de Baraudin son épouse, fut maintenu dans sa noblesse en 1667. Son fils étant mort en 1716 sans héritier, sa veuve vendit Fontbaudry à Nicolas Louis Le Tonnelier de Breteuil, baron de Preuilly. Le 11 fructidor an II, la baronne des Landes de Blanville vendit à son tour Fontbaudry à M. et Mme Liot, ancêtres directs du propriétaire actuel.

Fontbaudry, de l’ancienne paroisse de St Michel-des-Bois, était jadis un fief relevant de la baronnie de Preuilly, à foi et hommage simple et un flacon de vin et six deniers.

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L’hôtel d’Harambure

Au numéro 26 de la rue du Cygne, un portail monumental daté de 1715, flanqué de portes latérales, donne accès à une belle maison, plus connue sous le nom de "les marroniers", mais qui n’est autre que l’ancien hôtel de la maison d’Harambure à Preuilly, comme l’indiquait jadis une plaque d’ardoise conservée par la famille à Yzeures, et qui porte en lettres dorées : "Hostel d’Harambure - 1731".

Cet important ensemble est constitué d’un corps de bâtiment flanqué, à l’avant et à l’arrière, de deux ailes latérales en retour d’équerre. Celles qui donnent sur la cour d’honneur présentent une lucarne aux pieds droits en bossage, surmontés d’un fronton triangulaire brisé supportant une urne, alors que la lucarne centrale est circulaire et ornée d’un fleuron. Au nord existent des servitudes dont la façade présente une symétrie remarquable. De part et d’autre de la porte charretière en plein cintre s’ouvrent une petite baie rectangulaire et une porte au linteau circulaire. Le grenier est éclairé par deux belles lucarnes à ailerons situées dans l’axe des fenêtres. Séparant la cour du jardin, une grille, maintenue par cinq piliers soutenant une sphère de pierre, vient s’appuyer sur une tourelle cylindrique qui servait de pigeonnier.

Un perron d’une dizaine de marches, bordé d’une rampe de fer forgé, conduit à la porte d’entrée. Dans l’une des chambre, au plafond de petits chevrons rapprochés, on remarque une curieuse tapisserie de papier peint représentant les guerres de Napoléon. hotel_harambure Mais la curiosité de la maison est certainement la cuisine, située au sous-sol, où rien ne semble avoir changé depuis le grand siècle. Le billot de bois pour couper les viandes est toujours en place sur le sol constitué de grands carreaux. Le centre de la pièce est occupé par un massif de maçonnerie où s’ouvre la porte d’un four. Près de la grande cheminée, un énorme potager de pierre est percé de six trous et muni d’un bain-marie, tout près de l’évier qui occupe l’embrasure de la fenêtre. Au plafond, soutenu par deux énormes poutres, est suspendue une sorte de cage en bois qui n’est autre que le lit du cuisinier, qui pouvait y reposer dans la tiède chaleur de ses foyers. Un vrai musée du folklore !

La famille d’Harambure, originaire de Basse-Navarre, vint se fixer en Touraine au 17e siècle. Paul d’Harambure, né à Preuilly le 4 avril 1683, épousa le 9 novembre 1715 Marie-Anne de Moussy, fille de Claude de Moussy, seigneur des Granges en la paroisse d’Yzeures. L’un de leurs 21 enfants, Louis François Alexandre qui deviendra général de division pendant la révolution, étant né à Preuilly en 1742, c’est probablement dans les années qui suivirent que l’hôtel d’Harambure à Preuilly fut délaissé pour le manoir de Granges à Yzeures.

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Chapelle de tous les Saints

chapelle_tous_saints_3 Construite à la fin du XVe siècle, cette chapelle se trouve dans un jardin public qui était autrefois le cimetière. chapelle_tous_saints_4 En 1682, une porte fut ouverte dans le mur sud en direction du cimetière comme l’atteste l’inscription au-dessus de celle-ci. Devenu trop petit, le cimetière fut transféré à quelques dizaines de mètres de là, de l’autre côté de la route du Grand-Pressigny, dans la première moitié du XXe siècle. Carré de Busserolle dit que le bâtiment ne présente "aucun intérêt architectural". Ce n’est pas tout à fait vrai puisqu’en 1957 ont été découvertes sous l’enduit des murs à l’intérieur de la chapelle des fresques représentant des danses macabres.

Ces peintures, dans un état de conservation assez médiocre, datent probablement de la même époque que la chapelle. L’ensemble se compose essentiellement de trois parties : à droite, la danse macabre des femmes, à gauche, celle des hommes et autour de l’autel l’orchestre des morts (cornemuse, orgue, psaltérion, flûte). Ces fresques, dont l’avenir est désormais assuré, mériteraient une restauration plus poussée qui permettrait une étude plus approfondie.

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Château du Lion

L’histoire du château du Lion, plus que millénaire, se confond au départ avec celle de la Touraine. Du château primitif, celui du premier seigneur connu Atton, il ne reste rien puisque ce château était en bois, construit sur une motte. Au cours des siècles suivants (Xe, XIe), le château fut certainement renforcé avec des éléments de maçonnerie, mais le château fut détruit de fond en comble par Foulques d’Anjou sous le règne d’Eschivart Ier ou de Pierre Ier. ce fut le fils de ce dernier, Pierre II, qui le rebâtit, en pierre cette fois. chateau2

Au cours du XIVe siècle, le château sera la théâtre d’affontement sanglants liés à la guerre de cent ans. En effet, Preuilly se situe dans une zone charnière entre les anglais et les partisans du roi. Les anglais en feront une base solide pour mener des incursions dans le royaume. C’est pourquoi du Guesclin et Jean de Bueil en donneront l’assaut en 1369 pour mettre fin à l’occupation anglaise et rendre le château à son propriétaire légitime Eschivart VI. Mais d’importants travaux étaient nécessaires après les dégradations dont le château avait souffert à cause des anglais et des combats qui y avaient eu lieu. chateau_ruines Ce furent Eschivart VI et Gilles de Preuilly mais surtout leur successeur Pierre Frotier qui y travaillèrent. En 1422, Pierre Frotier entreprit d’importants travaux d’agrandissement et de fortification. C’est probablement à cette époque que l’entrée sud (du côté de la ville) fut abandonnée au profit de l’entrée nord, plus facile à défendre. Ces travaux, fort onéreux, furent réalisés sans scrupules en prenant des matériaux (pierres, bois…) dans des maisons dépendant de l’abbaye. Ce seigneur se fit remarquer par d’autres exactions à l’encontre des moines. Vers 1535, le château était beau et grand, comme en témoigne un acte de partage de la famille Frotier : "Item et le château de Preuilly grand et spacieux auxquels sont plusieurs corps de maison séparés l’une de l’autre en manière que l’habitation peut être commode auxdits défendeurs et défendresses. Courant du château il y a 80 chambres à cheminées et plus et salles et cuisines, granges, étables et divers issues et entrées." st_melaine En 1562, le château tomba aux mains des protestants, non par une bataille en règle à laquelle le château aurait sans nul doute vaillament résisté, mais par traîtrise. Le capitaine qui s’en empara était Chesne-Brulé, enseigne du capitaine Belon, gouverneur d’Angles (-sur-l’Anglin). Les dégâts les plus importants furent évidemment pour la collégiale St Mélaine. César de Vendôme fit de grands travaux de restauration, de la collégiale notamment.

En 1700, le château avait encore fière allure ainsi que l’atteste un acte de 1700 lors de la vente de la seigneurie à Nicolas le Tonnelier de Breteuil. En 1761, le château était en nettement moins bon état dans de la description que l’architecte du marquis de Gallifet en fait le 16 octobre 1761. En 1769, le château est loué à un paysan pour servir de grange. En 1803, Michel Le Jeune acquit les terres de la baronnie et entreprit d’en vendre les pierres et poutres, ce qui fut fait et bien fait : au début du XIXe siècle, le château n’était plus qu’un entrepôt de matériaux de construction.

En 1816, le maire M. Delatramblais décida la destruction du pont-levis tandis que les douves du côté nord étaient comblées pour permettre le passage de la nouvelle route de Tours. Au début du XXe siècle (en 1905-1906), le château, alors propriété de la famille Cartier, fut reconstruit dans un style pour le moins discutable, mais qui eut le mérite de stopper la destruction de ce qui restait. En 1966, Madame Cartier céda à la société archéologique la poterne sud du château, qui devint le musée de la poterne.

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Maison Renaissance

Sa belle façade s’élève en arc de cercle, à l’angle des rues Notre-Dame et St Mélaine, au pied de l’église désaffectée de Notre-Dame des échelles.

Un double cordon de pierre en légère saillie souligne les étages. Le rez-de-chaussée, aux pierres rongées par les intempéries, a conservé une porte au linteau droit, où subsistent quelques éléments mutilés de décoration sculptée. Des pilastres, aux chapiteaux caractéristiques , encadrent deux grandes fenêtres superposées, à petits carreaux, qui ont perdu leurs meneaux depuis longtemps. maison_renaissance Au nord, une tour rectangulaire, coiffée d’une pyramide d’ardoises, éclairée par trois petites ouvertures avec entablement en saillie, fait corps avec le bâtiment. Elle contient un escalier à vis de pierre dans une cage qui est, elle, sur plan circulaire. Tout cet ensemble a encore extérieurement grande allure et de récents travaux ont permis de remettre partiellement en état ce beau logis.

Les chambres ont gardé sensiblement leur aspect d’autrefois, avec leur pavé de carreaux rouges, leurs plafonds aux poutres apparentes et surtout leur cheminée monumentale. Celle du second étage a sa hotte supportée par des consoles, divisée en quatre compartiments inégaux par des moulures horizontales et des bandes verticales, ornées chacune d’un grand et d’un petit losange. Au premier, deux pilastres doriques et une large corniche encadrent un trumeau avec mouluration cintrée. Dans un réduit, derrière la salle du rez-de-chaussée, une cloison de torchis coupe en deux une cheminée plus simple qui a gardé les caractères de celles du 15e siècle.

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Eglise Notre-Dame des Echelles

notre_dame Preuilly compta jusqu’à une certaine époque six paroisses. Deux avaient déjà disparu bien avant la Révolution où l’on choisit l’abbatiale comme église paroissiale. En conséquence, les autres édifices religieux devenus sans utilité furent vendus et transformés entièrement ou partiellement par leurs propriétaires. Notre-Dame, cependant, est parvenue jusqu’à notre époque malgré bien des vicissitudes. notre_dame_2 Par suite de sa situation à mi-pente du coteau, son accès n’était rendu possible que par l’existence d’un escalier de pierre. Est-ce cette particularité qui lui valut cette appellation figurant dans une charte de 1184 : Ecclesiam Sanctae Mariae de Scalis transformé par la suite en Sainte Marie des Echelles ?

notre_dame_3 Sa haute façade à pignon triangulaire s’élève sur la rue à laquelle elle a donné son nom, un peu en retrait de la tour carrée flanquant la maison Renaissance qui lui est voisine. Edifiée entièrement en pierres de moyen appareil , elle est épaulée par quatre minces contreforts, amortis en glacis très courts. Ceux des extrémités montent jusqu’à la base de rampants. Les deux autres, beaucoup plus hauts, encadrent la porte d’entrée sous un très beau fenestrage à deux baies jumelles en lancette, surmontées d’une rose quadrilobée.

La porte actuelle, très réduite en hauteur par l’affreux balcon moderne à rampe de fer, est en arc brisé à deux voussures moulurées d’un tore retombant encore à droite sur deux chapiteaux de feuillage qui ont entièrement disparu à gauche.

A noter également à la partie supérieure, entre les piliers de soutien, deux fenêtres minuscules en plein cintre. Tous les autres percements, nécessités par l’utilisation qu’on en fit au XIXe siècle, ont dénaturé le caractère de l’édifice.

Mais celui-ci prend toute sa valeur quand on le contemple du sentier taillé à flanc de coteau d’où l’on domine tout l’ensemble. Le chevet plat, aménagé au XVe siècle, y apparaît accosté au midi d’une absidiole semi-circulaire. Du clocher massif, largement tronqué et couvert en batière, il reste une base imposante, raidie aux angles par de puissants contreforts. Il abritait au moins deux cloches.

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L’ancienne Mairie

L’histoire de ce bâtiment est intimement liée à celle du protestantisme à Preuilly. L’Eglise réformée de Preuilly a été fondée autour de l’année 1570, mais en 1590, les membres de la religion réformée n’avaient pas encore de temple. Ils se réunissaient dans une grange appartenant à Pierre Burlaud, au lieu appelé le Pin, dans l’enceinte de la ville. En 1595, François Mondain et Charité Fournier son épouse léguèrent un terrain à l’Eglise réformée, qui y construisit un temple achevé au mois d’août 1596. La première cène y fut célébrée le 1er septembre 1596, et la Réforme comptait alors environ 200 fidèles à Preuilly. Les pasteurs habitaient dans la maison que l’on voit sur les photos ci-dessous, et le temple était situé derrière celle-ci, dans l’actuel jardin. preche Après la révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, les biens de l’Eglise réformée furent confisqués et vendus au profit du conseil de Fabrique de la paroisse Notre-Dame. Ce fut Charles Villeret, curé de St Mélaine, qui s’en porta acquéreur le 25 septembre 1688. En 1705, ce dernier légua le logis du Prêche à Louise Roy pour en faire une école de charité, sous la direction d’un groupe de religieuses enseignantes, tandis que le temple était désaffecté puis détruit. A la place, on construisit, en 1720, l’église paroissiale St Pierre avec des matériaux récupérés dans les églises St Nicolas et Ste Marie-Madeleine, qui furent détruites à ce moment. A la Révolution, les religieuses furent à leur tour dépossédées, et le bâtiment devint le magasin militaire du district de Preuilly. C’est là qu’étaient entreposées les armes, pièces d’armes et uniformes, sous le contrôle du Comité de Salut Public. L’église fut démolie durant cette période.

Après la Révolution, la paroisse prit pour église l’ex-abbatiale, et la bâtisse qui allait désormais prendre le surnom des "Tourelles", redevint sans doute une propriété privée. En 1830 la municipalité y loua une salle de délibération (200 francs par an). Mais elle fut bientôt trop petite, et la mairie déménagea pour une autre maison située à la place de l’actuelle poste, en face de la mairie. En 1884, les Tourelles furent vendues par la municipalité à un "entrepreneur de voitures publiques", et depuis, cette charmante maison est restée une demeure d’habitation privée.

Le caractère de cette construction, au moins de l’extérieur, réside essentiellement dans les deux petites tourelles en encorbellement de chaque côté de la façade. Les nombreuses ouvertures de la façade, dont l’encadrement est délicatement souligné par des moulures, ajoutent au charme de la demeure qui jouit d’une riche histoire.

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La Mairie (Hôtel Fumey)

mairie

La mairie actuelle se situe dans le bâtiment appelé hôtel Fumey, du nom de ses premiers propriétaires et constructeurs. Construite vers 1840 par l’architecte local Créchet, la bâtisse cachait primitivement sa façade classique derrière un jardin planté de beaux arbres. mairie_2

Les pilastres, les chapiteaux corinthiens, la corniche à modillons, les grandes fenêtres à fronton, tout cela rappelle d’autres maisons de Preuilly comme Fontbaudry, construites sur les plans de cet architecte en vogue à Preuilly.

C’est en 1936 que la mairie déménagea d’un bâtiment devenu trop petit qui se situait en face à la place du bâtiment de la Poste.

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Hôtel Mestivier des Minières

Lorsque l’on sort de l’abbatiale, l’une des plus belles églises romanes de Touraine, les regards sont attirés, de l’autre côté de la rue, par un beau logis du 18e siècle qui servit longtemps de presbytère. hotel_metivier_3 Sa façade, construite entièrement en pierre de taille, est percée d’ouvertures au linteau cintré. Un bandeau en légère saillie souligne les étages. Le premier est éclairé par six hautes portes-fenêtres, ayant gardé leurs menuiseries à petits carreaux et leurs beaux balcons de fer forgé. La ligne du toit de tuiles plates, à quatre pans, est interrompue à intervalles réguliers par trois élégantes lucarnes dont la base repose directement sur le mur de façade. Elles donnent à cette belle demeure beaucoup d’élégance et d’originalité. Sur leurs pieds droits en bossage repose un fronton triangulaire, brisé au sommet pour supporter une urne de pierre. hotel_metivier_2 Les pièces du rez-de-chaussée ont gardé leurs plafonds de petits chevrons reposant sur une maîtresse poutre. Dans l’une d’elles, on remarque une cheminée romantique dont le linteau s’appuie sur deux colonnes rondes. Le trumeau, encadré de deux colonnettes de bois, est occupé en parties égales par une glace et un tableau peint. Le premier étage a conservé de belles boiseries d’époque. La curiosité de la maison est constituée d’une magnifique cave voutée, aux nombreuses galeries, à laquelle on accède par deux escaliers de pierre.

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La rue des Pavillons

pavillons pavillons_2 Au bas de cette rue, sous le premier pavillon (voir sur la photo de gauche), se situe l’une des entrées des nombreux souterrains de Preuilly. Ces souterrains ont servi de carrières dont on a extrait des blocs de calcaire pour bâtir les édifices de Preuilly.

La rue des pavillons s’étage entre la route de Bossay et le carroi de l’écu. Le côté ouest de la rue est constitué de sept pavillons à toit à quatre pans, initialement semblables, construits en même temps que l’hôtel de la Rallière. Initialement, Samuel Gaudon prévoyait d’en faire la réplique de l’autre côté de la rue. C’est probablement là que logeaient l’intendant, le maître d’hôtel, le cocher et tous les gens de l’hôtel.

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Hôtel de la Rallière

ralliere_4 Proche du chevet de l’abbatiale, l’hôtel de la Rallière est une vaste construction inachevée du XVIIe siècle. Elle fut commandée par Samuel Gaudon, un protestant natif de Preuilly, qui fit fortune en exerçant la très lucrative fonction de fermier aux entrées de Paris. Afin d’asseoir sa rapide ascension sociale, il entreprit de se faire construire un château à la mesure de sa nouvelle condition dans son pays natal. Il prit alors le nomde la terre sur laquelle il le fit édifier : la Rallière. Cependant, Samuel Gaudon se retrouva fortement compromis dans les troubles de la Fronde et il fut pris pour cible dans plusieurs mazarinades. Plus grave encore, il est embastillé le 26 janvier 1649. On peut considérer que les travaux d’édification du château s’achèvent brutalement à cette époque. ralliere_3 La construction est, au cours du XVIIIe siècle, rattachée au domaine de Preuilly et d’Azay-le-Ferron. Pendant la Révolution, les combles furent utilisés comme prison pour y détenir des soldats vendéens à en croire les nombreux graffitis représentant des fleurs de lys et le Sacré-Cœur, emblèmes de l’armée catholique et royale. Racheté au début du XIXe siècle par M. Dauphin, le château fait l’objet en 1853 de la part de son nouveau propriétaire d’une donation à la commune afin d’en faire un hospice et un lieu d’enseignement de jeunes filles. Cette nouvelle attribution se prolongea jusqu’en 1992, date de sa désaffectation.

Dans son état actuel, le bâtiment se compose de deux pavillons reliés par un corps allongé. Le pavillon méridional est celui qui a le plus d’élévation, il contient un très bel escalier suspendu à quatre noyaux. Sa position excentrée dans le plan d’ensemble révèle qu’il s’agit d’un escalier secondaire. A l’opposé, le pavillon nord plus étroit dont les trois travées de baies s’élèvent sur deux niveaux, est couvert d’un élégant toit à l’impériale. Il dispose sur ses façades orientale et occidentale de deux portes centrales richement ornées de pilastres et chapiteaux corinthiens. Ces ouvertures, les plus ouvragées de la construction, laissent deviner le rôle central qu’elles devaient jouer dans la construction terminée. En effet, ces dernières conduisaient à l’origine à l’escalier d’honneur du château. Des sources anciennes révèlent qu’il fut détruit à la suite d’un incendie dans le courant du XVIIIe siècle. ralliere L’édifice inachevé devait donc avoir un prolongement vers le nord lui donnant une symétrie parfaite dans l’esprit de l’architecture classique.

Les ambitions de Samuel Gaudon semblaient à la mesure de sa nouvelle fortune puisqu’on lui attribue l’intention de vouloir reconstruire entièrement la ville selon un plan régulier à l’image, presque contemporaine, de la ville de Richelieu. La construction concomitante au château des sept pavillons identiques semble étayer cette hypothèse.

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eglise_2 chateau2 blason_breteuil fontbaudry fontbaudry_2 hotel_harambure chapelle_tous_saints_3 chapelle_tous_saints_4 chateau2 chateau_ruines st_melaine maison_renaissance notre_dame notre_dame_2 notre_dame_3 ralliere_4 ralliere ralliere_3 pavillons pavillons_2 eglise_chevet plan_eglise cloitre linteau_liot maison_boue Le Pouet en hiver Le Pouet DSCF0370 008-3

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